Conformément à sa mission d’information, le Ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement, M. Maxime BALALOU, s’est adressé à la presse le lundi 21 juillet 2025. Cette rencontre avec la presse a permis de faire le point sur plusieurs dossiers majeurs de l’actualité nationale. Les échanges se sont articulés autour des thèmes suivants :
POLITIQUE
- Organisation du CAUCUS Africain, Édition 2025, en République Centrafricaine
- Préparatifs du Sommet des Chefs d’États et des Gouvernements de la CEMAC, prévu à Bangui
JUSTICE
- Clarifications sur les rumeurs d’assassinat de M. Armel SAYO :
Le Ministre a fermement démenti les allégations circulant sur les réseaux sociaux. Il a rappelé que M. SAYO fait l’objet d’une procédure judiciaire en cours, appuyée par des éléments matériels. Son intégrité physique est garantie. Une enquête indépendante est en cours et les conclusions seront rendues publiques le moment venu. Le Gouvernement respecte la séparation des pouvoirs et réaffirme son engagement pour la transparence. La justice fait son travail en toute indépendance.
- Rentrée judiciaire des magistrats :
Le Ministre a salué le bon déroulement de cette rentrée, soulignant la nécessité de renforcer l’indépendance de la justice et de poursuivre les réformes engagées pour garantir son efficacité.
SÉCURITÉ
- Coopération militaire RCA–Portugal
Le Ministre a annoncé un partenariat stratégique avec la République du Portugal, visant à renforcer les capacités de défense et à promouvoir la paix et le développement durable dans le pays. Cette coopération bilatérale s’inscrit dans une logique de professionnalisation des forces armées centrafricaines.
Le Ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement, M. Maxime BALALOU, a par la suite de son exposé, répondu aux questions des journalistes invités. Ci-dessous
Justice : Affaire Armel Ningatolum SAYO
Questions 1:
M. Raphaël KOPESSOUA, du Journal WAYANGA, le Président camerounais Paul Biya, dont le pays a extradé M. Armel SAYO, s’inquiète des rumeurs circulant sur son sort. Peut-on faire la lumière sur cette affaire ?
Réponse 1 : Je vous remercie pour votre question, qui rejoint également celle du RJDH. Je tiens à réaffirmer avec la plus grande clarté que les rumeurs relayées sur les réseaux sociaux au sujet de M. Armel SAYO sont infondées.
Il est actuellement détenu dans le respect des procédures légales. Des documents compromettants ont été saisis dans sa cellule, et les enquêtes en cours s’appuient sur des éléments concrets, y compris sur des tentatives d’atteinte à la sécurité intérieure. Le Procureur de la République, autorité compétente en la matière, s’est déjà exprimé à ce sujet.
Je tiens à rassurer tout le monde, y compris nos partenaires internationaux : l’intégrité physique de M. SAYO est pleinement respectée. Le Gouvernement n’a rien à cacher. Au contraire, nous agissons dans un esprit de transparence pour que le peuple centrafricain comprenne ce qui se passe réellement.
Une enquête indépendante a même été réalisée par un journaliste étranger, et elle met en lumière un réseau de complicités autour de cette affaire. D’autres éléments viendront étayer les faits dans les prochains jours.
Question 2 : Faut-il présenter M. SAYO à la presse pour dissiper les doutes ?
Réponse 2 : Je prends bonne note de cette suggestion. Ce genre de décision relève des autorités judiciaires. Le Gouvernement ne s’immisce pas dans les affaires de justice. Toutefois, je comprends l’intérêt pour plus de clarté et je transmettrai cette préoccupation aux autorités compétentes.
Médias et Réseaux sociaux
Pascal Isidore BOUTENE, Directeur de publication du Journal Fair-play
Question 1 : Peut-on faire confiance aux réseaux sociaux ?
Réponse 1 : il s’agit là d’une question très intéressante.
C’est une question très pertinente. Les réseaux sociaux sont à double tranchant. D’un côté, ils permettent une diffusion rapide de l’information et un accès élargi au savoir. Mais de l’autre, ils sont aussi le terrain de jeu de personnes non formées au journalisme, qui propagent parfois des rumeurs ou des propos haineux.
Ce qu’il faut, c’est faire preuve de discernement. Il appartient à chacun de faire la différence entre des contenus informatifs et constructifs, et ceux qui ne visent qu’à diviser, à salir ou à manipuler.
Le Gouvernement travaille actuellement à un cadre juridique plus rigoureux pour réguler l’usage des réseaux sociaux, afin d’éviter les dérives. D’autres pays, comme la Chine, l’ont fait pour préserver leur cohésion sociale.
Question 2 : Communication autour du Sommet de la CEMAC prévu à Bangui le 9 août 2025.
Alors en tant que Ministre de la Communication, qu’est-ce qui est prévu par rapport au plan de communication avant, pendant et après ? Je reviens encore sur mes préoccupations de la dernière fois, est-ce que cette fois-ci, la presse privée sera prise en compte ? C’est important monsieur le ministre, porte-parole du gouvernement.
Réponse 2 : Votre préoccupation est légitime. Pour ce sommet prévu le 9 août à Bangui, un dispositif de communication solide sera mis en place avant, pendant et après l’événement. Cela inclura la presse publique comme privée, ainsi que les médias en ligne.
Il y aura des accréditations pour garantir une couverture efficace et organisée. Vous serez informés très prochainement des modalités d’accès et de participation. Nous voulons que la presse joue pleinement son rôle.
Paix et Réconciliation : Accord avec les groupes armés (UPC-3R)
Leslie MELESSO du RJDH ;
Question 1 : L’accord signé entre les 3R, l’UPC et le Gouvernement prévoit l’intégration de ces groupes armés dans les hautes fonctions et aussi dans l’armée. Mais, cet accord n’est-il pas en violation de notre Constitution ?
Réponse 1 : L’accord en question est un accord de paix, pas un blanc-seing. Il s’inscrit dans une démarche de réconciliation nationale. Il ne s’agit pas de récompenser qui que ce soit, mais d’intégrer ceux qui ont décidé de renoncer à la violence dans un processus de reconstruction et de suivi des engagements.
Il ne faut pas faire d’amalgame entre groupes ethniques ou appartenances religieuses. Être peul ou autre ne doit pas être un facteur d’exclusion. Ce que nous voulons, c’est tourner la page de la division, en associant les signataires à la mise en œuvre du processus de paix, dans un cadre légal et contrôlé.
La justice continuera à faire son travail. La CVJRR est là pour établir les responsabilités. Mais dans l’immédiat, la paix est la priorité.
Travaux Routiers et Infrastructures
Debonheur WILIKON, Radio Ndeke Luka
Question 1 : Pourquoi les travaux routiers sont-ils arrêtés ?
Réponse 1 : Effectivement, certains travaux connaissent un ralentissement. La principale raison est climatique : les pluies diluviennes actuelles empêchent la pose correcte des enrobés. C’est une contrainte technique.
Dès que la météo le permettra, les travaux reprendront normalement. Je vous invite à visionner le documentaire récemment diffusé par la télévision nationale, qui montre les efforts en cours pour moderniser nos infrastructures. Il y a de réelles avancées, notamment dans le désenclavement de Bangui.
Recensement général de la population
Willhem SAKANGA du Journal KOLOKOTO
Question 1 : où en-est-on avec le processus de recensement général de la population et de l’habitation. Parce qu’au début de l’année, l’ICASES avait commencé le processus en évaluant ceux-là qui se sont inscrits pour ce travail. Malheureusement, depuis le mois de février 2025 jusqu’à aujourd’hui, il n’y a plus de communication autour de la chose et nous ne savons pas où est-ce que cette institution en est. Si on peut avoir des éclaircissements par rapport à cela.
Réponse 2 : Votre question est tout à fait pertinente. Le processus avait effectivement démarré avec la sélection des agents recenseurs. Mais je reconnais qu’il y a un manque de communication sur la suite des opérations.
Je m’engage à me rapprocher de l’ICASES et du ministère du Plan pour obtenir des informations actualisées. Je reviendrai vers vous très bientôt pour vous informer des avancées.
Caucus Africain 2025 à Bangui – Impact économique
Dorcas BANGUI, Oubangui Média
Question 1 : quels sont les enjeux économiques du Caucus africain qui aura lieu à Bangui du 30 au 02 Aout 2025 ?
Réponse 1 : Le Caucus Africain, qui se tiendra du 30 juillet au 2 août à Bangui, représente une opportunité économique importante pour notre pays. On estime des retombées directes à près de 3 millions de dollars, voire plus, en dépenses locales.
Mais au-delà de l’impact financier, c’est une opportunité de visibilité pour la RCA, qui sera sous les projecteurs du continent. C’est aussi l’occasion de valoriser notre patrimoine culturel, nos talents, nos potentialités économiques.
Je vous encourage, vous les médias, à participer activement à cette dynamique. La RCA n’appartient à personne. Elle appartient à nous tous. C’est ensemble, dans l’unité, que nous pourrons la développer.
