Conférence de presse du Ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement, M. Maxime BALALOU.
Bangui, 08 septembre 2025
Question de Pascal-Isidore Boutene, Directeur de publication du journal Fair-Play, Président du Réseau des journalistes francophones de Centrafrique
Avant de poser ma question, je voudrais féliciter le Chef de l’État pour la gestion de la présidence en exercice de la CEMAC pendant deux ans. Vous avez évoqué tout à l’heure les avancées en matière de commerce et de libre circulation des biens et des personnes. Mais il semble que la question des visas entre certains pays de la sous-région, notamment le Gabon et la Guinée équatoriale, n’ait pas été soulevée. Est-ce que ce n’est pas une préoccupation pour notre pays, membre de cette communauté ?
Réponse du ministre :
Vous savez, l’intégration régionale est un processus. Depuis la création de l’UDEAC jusqu’à la CEMAC, nous sommes dans une dynamique de construction progressive. Il y a encore des obstacles, mais la volonté des Chefs d’État de lever les réticences est claire.
La libre circulation est inscrite dans les textes communautaires, et c’est d’ailleurs pour cela que nous avons aujourd’hui le passeport CEMAC. Ce cadre juridique favorise l’intégration et facilite la mobilité. Il est vrai que certaines difficultés subsistent, mais elles sont en cours d’examen par les États membres et leurs gouvernements respectifs.
Pour ma part, lors de mes déplacements dans la sous-région, je n’ai pas été soumis à l’exigence de visa. Cela montre qu’il y a déjà des avancées concrètes, même si des ajustements restent nécessaires pour rendre la libre circulation totalement effective.
Question de Prince Towé, Voix des Citoyens
Mardi dernier, le gouvernement a invité le BRDC à une séance inaugurale du dialogue politique. Qu’est-ce qu’on peut retenir de ces échanges ? Le BRDC a-t-il déjà présenté le format du dialogue souhaité par le Président de la République lors de son deuxième déjeuner de presse ?
Par ailleurs, une rumeur circule sur la renonciation à sa seconde nationalité par M. Anicet Georges Dologuélé, Président de l’URCA. Quelle est la position du gouvernement à ce sujet ?
Réponse du ministre :
S’agissant de la question du dialogue politique, je rappelle que le gouvernement a pris l’initiative d’inviter le BRDC à une première séance de travail. Cette rencontre s’inscrit dans la volonté constante du Président de la République de maintenir le cadre du dialogue ouvert et inclusif. Les discussions se poursuivent et le BRDC présentera, en temps voulu, sa vision du format de ce dialogue.
Quant à M. Dologuélé, il a pris la décision de renoncer à sa seconde nationalité. Certains y voient une manœuvre politique en vue des élections, mais ce n’est pas à moi de commenter. Ce qu’il faut retenir, c’est que la Constitution du 30 août 2023 est claire : pour être candidat à la magistrature suprême, il faut être centrafricain d’origine, c’est-à-dire né de père et de mère centrafricains, et disposer d’une seule nationalité.
En se conformant à cette exigence, le Président de l’URCA a simplement respecté la loi. C’est son droit, et il appartient au Conseil constitutionnel, le moment venu, d’apprécier la conformité des candidatures. Le débat s’arrête là.
Question de Willem Sakangamroba, Journal Kolokoto
Monsieur le Ministre, vous avez dressé le bilan du Chef de l’État à la tête de la CEMAC. Mais qu’en est-il de la diaspora ? Dans d’autres régions comme l’Afrique de l’Ouest, la diaspora contribue pour plusieurs milliards de dollars à l’économie. Quelle est la place de la diaspora centrafricaine dans ce processus d’intégration et de développement ?
Réponse du ministre :
Votre question est très pertinente. La diaspora joue un rôle majeur dans le développement de nombreux pays. En Afrique de l’Ouest, elle contribue fortement aux économies nationales. En Afrique centrale, nous devons encourager une telle dynamique.
Le gouvernement centrafricain, avec l’appui du PNUD et de la BAD, a déjà lancé des programmes pour inciter nos compatriotes à investir dans le pays. Certains médecins de la diaspora sont venus offrir leurs services, d’autres ont initié des projets économiques ou sociaux. Mais il est vrai que, pour l’instant, leur contribution reste encore limitée.
Nous avons un ministère dédié aux Centrafricains de l’étranger, preuve de l’importance que nous accordons à cette question. Beaucoup de jeunes de la diaspora sont revenus occuper des postes de responsabilité. L’appel reste donc lancé : investir en Centrafrique est possible et nécessaire. Il existe de nombreuses opportunités dans les domaines de la santé, de l’agriculture, du logement ou encore du commerce.
C’est le moment de passer des débats stériles à des actions concrètes. La diaspora a un rôle essentiel à jouer dans l’édification du pays.
Question d’un journaliste du quotidien La Renaissance
Monsieur le Ministre, le marché commun est au centre des discussions de ce 16e Sommet des Chefs d’État de la CEMAC. Mais la République centrafricaine, qui ne produit pas suffisamment et manque d’industries, ne risque-t-elle pas de se retrouver en difficulté face aux autres pays mieux préparés ?
Réponse du ministre :
Vous avez raison, c’est un véritable défi pour nous. Le marché commun offre de grandes opportunités, mais il suppose aussi que nous renforcions notre compétitivité. Nous devons transformer nos produits localement pour en tirer une plus grande valeur ajoutée.
Prenez l’exemple du manioc : au lieu de le vendre brut au bord de la route, il est plus rentable de le transformer et de le conditionner. Cela permet non seulement de mieux le valoriser sur le marché national, mais aussi de l’exporter vers des pays voisins comme le Congo ou la Guinée équatoriale, qui constituent des marchés importants.
La Centrafrique regorge de potentialités : le miel, le bois, les produits agricoles… Mais il faut savoir prendre des risques et sortir des sentiers battus. Des investisseurs étrangers viennent déjà s’installer ici, preuve que notre pays est attractif.
Le message est clair : nous devons produire davantage, innover, et oser conquérir les marchés sous-régionaux. Le gouvernement est prêt à accompagner toutes les initiatives qui vont dans ce sens.
