
Conformément à sa mission d’information, le Ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement, M. Maxime BALALOU, s’est adressé à la presse ce lundi 18 août 2025. Cette rencontre a permis de faire le point sur plusieurs dossiers majeurs de l’actualité nationale. Les échanges se sont articulés autour des thématiques suivantes
POLITIQUE
- Le DDRR au cœur des préoccupations du Président de la République, Pr Faustin Archange TOUADÉRA;
- Report du sommet des Chefs d’État de la CEMAC;
- Le Corridor CD13 : avancées significatives.
ÉLECTIONS
- Chronogramme officiel des élections générales et locales groupées.
COOPÉRATION
- Renforcement du partenariat stratégique Chine–Centrafrique : bilan et perspectives.
À l’issue de son exposé, le Ministre Maxime BALALOU a répondu aux questions des journalistes conviés à cette rencontre.
1. DDRR
Question (M. TIDIANI, Radio Ndeke Luka)
Le vendredi dernier, certaines autorités locales de N’dim ont été agressées par des éléments du groupe 3R. Quelle est la réaction du Gouvernement face à cette situation?
Par ailleurs, 134 combattants du 3R se sont déclarés prêts à déposer les armes à Kette-Sido (28 km de Sido, dans l’Ouham Fafa), mais aucune action concrète n’a encore été entreprise. Le Gouvernement envisage-t-il de déployer une équipe du DDRR pour encadrer ce processus?
Enfin, à Zangba, des éléments Anti-balaka ont également exprimé leur volonté de désarmement. Quelles dispositions le Gouvernement prend-il pour répondre à ces différentes initiatives?
Réponse du ministre
Le processus de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement (DDRR) progresse de manière encourageante. Certes, il existe encore des éléments incontrôlés qui commettent des incidents isolés, mais cela ne remet nullement en cause les engagements pris par les leaders des groupes armés dans le cadre des accords avec le Gouvernement.
La volonté de paix est réelle, aussi bien du côté des autorités que de celui des ex-combattants. Plusieurs d’entre eux, y compris des membres de l’UPC, des 3R et des Anti-balaka, ont manifesté leur disponibilité à déposer les armes. Le Gouvernement, à travers les unités mobiles du DDRR, met tout en œuvre pour encadrer ce processus et répondre à ces attentes.
Je tiens à rassurer nos concitoyens : les incidents récents ne doivent pas être interprétés comme un blocage. Au contraire, la dynamique de paix est bien enclenchée, et les éléments responsables de provocations sont activement recherchés.
2. Corridor 13
Question 2: Monsieur le Ministre, au sujet du corridor 13 que vous avez mentionné, plusieurs usagers expriment des inquiétudes quant à la qualité des travaux réalisés sur ce tronçon. Quelle est la position du Gouvernement à ce propos ?
Réponse du Ministre :
Je suis surpris d’entendre que certains estiment que la qualité des travaux sur le corridor 13 serait insuffisante. Les preuves sont là : chacun a pu constater sur le terrain, y compris à travers des reportages diffusés, que les travaux réalisés par les entreprises sont d’un bon niveau et avancent correctement.
Bien entendu, nous comprenons l’impatience des usagers qui souhaitent voir la route achevée rapidement. Mais je peux vous assurer que le Gouvernement veille à ce que cette infrastructure soit livrée dans les meilleures conditions de qualité.
3. Elections groupées
Question (M. Pascal Isidore BOUTENE, Journal Fair-Play) :
Monsieur le Ministre, vous n’avez pas abordé la question de la couverture médiatique des prochaines élections groupées. Or, c’est la première fois que notre pays organise des élections municipales, et il est essentiel que la presse, publique comme privée, puisse couvrir ces scrutins afin d’en garantir la crédibilité et la transparence.
Compte tenu des moyens limités de la presse privée, le Gouvernement prévoit-il de déployer des journalistes sur le terrain pour assurer une couverture nationale ? Envisagez-vous également de collaborer avec des partenaires comme le PNUD, qui avait déjà soutenu un tel dispositif en 2005 ?
Réponse du Ministre :
La couverture médiatique de ces élections est un enjeu essentiel. Le Gouvernement souhaite mobiliser aussi bien la presse publique que la presse privée afin que l’information soit diffusée de manière complète et transparente.
Nous travaillerons en partenariat avec les organes de presse et, comme par le passé, nous pourrons compter sur l’appui des partenaires techniques et financiers, notamment le PNUD. L’objectif est clair : permettre à la population de recevoir des informations fiables et crédibles sur ce processus historique, qui verra pour la première fois des élections générales et locales organisées simultanément.
4. Accord de paix
Question (M. Franklin NGUEVILI, Journal A Kota Sango) :
Monsieur le Ministre, le Gouvernement a conclu un accord de paix avec les groupes armés 3R et UPC. Cependant, les victimes ne cessent de dénoncer l’insuffisance de leur prise en charge. Quelles garanties leur sont offertes dans le cadre de cet accord, et quelle est la réponse du Gouvernement pour les rassurer ?
Réponse du Ministre :
L’accord de paix signé avec les groupes armés n’exclut pas la justice. C’est pourquoi le Gouvernement a mis en place la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR). Cette structure est chargée de recueillir les témoignages sur les crimes commis, d’identifier les responsables et d’assurer que les victimes obtiennent réparation.
Le Président de la République l’a rappelé avec force : faire la paix ne signifie pas oublier les crimes. Les auteurs devront répondre de leurs actes devant la justice. Le moment venu, la vérité sera établie et chaque responsable assumera ses actes. Les victimes ne sont pas abandonnées, bien au contraire : tout est mis en œuvre pour que justice leur soit rendue.
Question 1 M. Augustin BANGBAIMA du RJDH
Ma préoccupation est de savoir l’Autorité Nationale des Elections a un eu à déposer un budget de 14 000 000 000 de francs CFA sur la table du gouvernement pour la réussite des élections de deux-mille-vingt-cinq. Alors à 4 mois de ces élections, est-ce que le gouvernement mettra à disposition ces fonds pour le dénouement de ces élections.
Réponse du Ministre :
Le budget global prévu pour l’organisation des élections s’élève à environ 14 milliards de francs CFA. Ce montant sera couvert à la fois par la contribution du Gouvernement et par l’appui des partenaires, dans le cadre d’un fonds commun géré par le PNUD.
Je tiens à rassurer l’opinion publique : les ressources nécessaires seront mobilisées et les élections se tiendront comme prévu, le 28 décembre 2025. Le Gouvernement est pleinement engagé à respecter ce calendrier afin que les Centrafricains puissent exercer leur droit de vote dans de bonnes conditions.
Questions 2
Ces derniers temps les habitants de Bangui se plaignent pour l’insécurité qui monte en puissance précisément dans le quatrième arrondissement où les femmes sont souvent dépouillées lorsqu’ils finissent leur travail tardivement et aussi euh la récente au niveau du Sica 2. La population pointe du doigt aussi les FACA qui sont récemment formés, qui sont impliqués dans les braquages. Comment est-ce que le gouvernement réagit merci.
Réponse du Ministre :
Le Gouvernement condamne avec fermeté les actes de braquage et d’insécurité signalés dans certains quartiers de Bangui. Toutefois, il est important de rester prudents avant d’attribuer ces crimes à telle ou telle unité, sans preuves tangibles.
Ces incidents, bien que réels, restent isolés et ne traduisent pas une insécurité généralisée. Les forces de sécurité intérieure, appuyées par leurs partenaires, sont mobilisées pour neutraliser ces malfaiteurs et ramener la quiétude.
Bangui demeure globalement sécurisée : les habitants peuvent circuler de jour comme de nuit, et le Gouvernement reste attentif pour que la population puisse vivre et travailler en toute sérénité.
5. Discours du Président -13 AOUT
Question (M. Sankanga, Journal Kolokoto) :
Monsieur le Ministre, certains citoyens regrettent que le Président de la République ait prononcé le discours de la fête de l’indépendance uniquement en français, alors que la quasi-totalité des Centrafricains parlent et comprennent le Sango. Ne serait-il pas opportun de proposer, à l’avenir, une version en Sango même sous forme résumée afin de permettre à toute la population de mieux s’approprier ce message ?
Réponse du Ministre :
Votre remarque est pertinente. Si le Chef de l’État a choisi de s’exprimer en français lors de la fête de l’indépendance, il est évident que la traduction en Sango est également importante pour une meilleure compréhension par tous. Nous en prenons bonne note afin qu’à l’avenir, une version en Sango soit systématiquement disponible pour la population.
Radio Guira – Le gouvernement s’engage à financer les élections
